Connect with us

BOXE

Lettre ouverte à Jean Pascal

Texte par David Tétreault

Salut Jean,

j’espère que tu vas bien. Tu devrais en fait. Hier soir, tu n’as déçu personne. Décision majoritaire mec, c’est loin de 3 fois 120-108. Un de mes amis avait un match nul. J’avais Alvarez gagnant par 2 rounds. Mais ça ne change rien. Tu m’as impressionné hier soir Jean. Les débuts de round ont été plus laborieux pour toi mais tu revenais constamment, tu as démontré une fougue et un esprit bagarreur qui t’habite depuis le tout début. Tu sembles avoir eu un solide camp d’entraînement, les gens ont appris à t’aimer davantage durant ces semaines de préparation ; ton attitude plus posée en a charmé plus d’un. Je connais des personnes qui te détestent depuis des lunes ; hier ces personnes me parlaient de respect. Respect à Jean de ne jamais avoir reculé devant un défi, respect à Jean d’avoir amené la boxe québécoise à un autre niveau, autant sur le plan de la gestion de carrière que sur la façon de faire avec le marketing. Du respect Jean. C’est ça que les gens ont pour toi.

En 2008, on était tous derrière toi. Tu as livré une performance incroyable. C’était cependant le moment pour Froch. Partie remise. Tu as mis les bouchées doubles et tu es allé la chercher cette fameuse ceinture de champion. Contre Diaconu en plus, pas contre n’importe qui. Tu l’as défendu, tu t’es blessé, tu t’es quand même accroché à TA ceinture. T’as pas eu la route la plus facile, c’est ça que ça fait quand tu ne recules devant rien. Tout à ton honneur. On t’a déjà aimé et détesté dans la même semaine, pardonne-nous, on est des émotifs. Des milliers de personnes se sont rangées derrière Kovalev en 2015, comme si parce que tu osais être toi, que tu osais créer un hype et que tu faisais tout en ton pouvoir pour faire parler de toi, ça les dérangeait. Tu n’aurais pas joué longtemps pour le Canadien de Montréal. Mais une fois parti, on te louangerait et on s’ennuierait de qui tu es.

T’as vendu des PPV à toi tout seul hier soir, en demi-finale imagine ! T’as fait honneur à ta réputation Jean, t’as fait mieux que ce à quoi on s’attendait. T’en a reçu des jabs incisifs, t’en a pris des coups à pleine portée d’Eleider, et pourtant, t’as closé le show, tu t’es rendu à la limite et tu as permis à la foule présente au Centre Bell d’avoir un combat. Merci Jean Pascal. Les prochaines semaines, on sera à l’affut. Certains te suggèrent la retraite, je me demande d’ailleurs pourquoi. Tu viens de tenir tête à un aspirant obligatoire, à un ami par-dessus le marché. Ça doit pas être évident pour vous deux, même si ça fait « partie de la business », la business peut réussir à contrôler la tête, pas le cœur.

J’ai 35 ans. Je joue à la balle molle 2-3 fois par semaine et je fais des push-ups quand j’y pense. Tu auras 35 ans en novembre, t’es déjà un sinon le plus grand boxeur que le Québec a vu œuvrer. Peu importe ta décision pour ton futur, et j’espère que ce sera celle de continuer de boxer, tu es la crème de la crème de ta discipline. Combien d’entre nous peuvent se targuer d’avoir accompli ça ? Poser la question, c’est y répondre. Bravo encore Jean et merci pour tout ce que tu as fait pour le sport qui me passionne le plus au monde.

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

More in BOXE